Condamnées aux travaux forcés, les petites fourmis deviennent peu à peu
une préoccupation constante (un euphémisme, vous aurez compris) pour Céline. Si
nous ne partons pas bientôt, elle finira par en rêver.
Sitôt repéré un dépôt alimentaire, les petites organisent une colonne de
transport d’une redoutable efficacité. Pas plus grosse qu’un ou deux
millimètres, elles transportent les cadavres des maringouins que nous abattons
à coups de recueil de mots croisés ou de serviettes humides, nettoient la
goutte d’eau sucrée oubliée, la miette de pain, et ce matin, ma pâte à pain qui
levait tranquillement sous une serviette. Il ne leur a pas fallu plus de 30
minutes pour faire la chaîne. Elles me fascinent; Céline garde un œil vigilant
sur leurs moindres mouvements de troupe.
Il y a une 5ième colonne, peut-on dire, qui rentre par le
fenêtre de la chambre à coucher, descend jusqu’au sol, fait le tour de la
chambre en suivant le bas du mur, traverse le corridor devant la salle de bain,
fait le tout de la cuisine, grimpe le long du comptoir, contourne la fenêtre et
sort par une ouverture de ventilation près du plafond. Une trentaine de mètres
pour elles; une bonne trentaine de kilomètres pour nous.
J'avais promis une photo de la jetée. Chacun de ces bidules est au moins aussi haut que moi. Il devient plutôt angoissant de sortir un saumon de l'eau à travers ça. Je n'ai pas trouvé le nom exact de ces pièces de béton. J'ai l'impression qu'on les a inventé pendant la 2e guerre mondiale. Si quelqu'un veut faire la recherche et me dire comment on appelle ça en français, j'apprécierais.
Allo Yvon,
RépondreSupprimerVoici ce que j'ai trouvé :
Le tétrapode est une structure, plus particulièrement, utilisée en ingénierie hydraulique pour lutter ou résister à la houle et aux vagues.
Fait de béton, il est doté de quatre membres dont le profil courbe est calculé de telle sorte qu'il minimise l'impact des flux marins. Le dessin de la structure permet une imbrication des blocs qui, utilisés en masse, permettent de renforcer une protection côtière voire de gagner des superficies hors d'eau sur la mer.
La conception au début des années 1950 (*donc, peu après la guerre / tu as vu juste)des tétrapodes est due au Laboratoire dauphinois d'hydraulique de Grenoble, devenu depuis la Sogreah en collaboration avec l'entreprise Neyrpic. Les études ont été menées par l'ingénieur Pierre Danel1.
L'utilisation de tétrapodes est notamment très répandue au Japon, comme l'illustrent les aéroports gagnés sur la mer du Kansai et du Chūbu ; ou encore sur l'île de La Réunion, le long de la route du Littoral.
Ce type de structure est également utilisé dans la construction de ponts et viaducs. Elle est composée de quatre doigts ouverts soutenant un tablier. L'un des ouvrages du LGV Rhin-Rhône, le viaduc de la Savoureuse, près de Belfort, est construit sur ce modèle.
Voilà ! Salutation à Céline !