vendredi 15 janvier 2016

Un peu plus vieux

Les anniversaires de naissance sont moins festifs depuis que j’ai franchi la soixantaine. On reçoit avec plaisir les vœux de nos proches et les manifestations de leur amour à notre égard, mais il n’y a pas de quoi être heureux de vieillir quand on aime la vie et qu’on la saisit chaque jour à plein cœur.

Hier, j’ai commencé à perdre des morceaux de mon vélo. Nous allions bon train, sur une route défoncée, comme c’est souvent le cas hors des grandes artères, lorsque je me suis aperçu que j’avais perdu un frein. Le patin droit du frein avant.

Je suis retourné sur mes pas et je l’ai retrouvé sur l’asphalte, puis j’ai retrouvé un écrou, qui ne semblait pas le sien, mais qui faisait le boulot. J’ai vissé à la main en attendant de revoir notre réparateur, en ville : quelques roupies pour remettre les freins de nos deux vélos en état. Je me disais que ma bécane avait du jeu dans toutes ses articulations. Il y a quelques jours, j’avais solidifié le panier avec deux tie-wrap. Le réparateur n’en finissait pas de resserrer des écrous. Un combat pour prolonger la vie utile. C’est une forme du vieillissement.

L’autre forme, je l’ai vécue ce matin, en allant pêcher au bout du quai. Chaque odeur, chaque activité humaine, chaque bruit, chaque chant d’oiseau, toutes les couleurs et les formes se complétaient et s’organisaient pour la beauté du monde. J’en étais l’acteur et le témoin, indissociable du vivant qui m’anime. J’en profite avec une conscience accrue, aigue, sensible et ouverte.

À défaut d’avoir un bon terrain de jeu pour la photographie, je m’amuse à faire de petits dessins. Voici mon dernier, un digne représentant de l’Asie.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire