mardi 12 janvier 2016

Jour de Marché

Avec notre minuscule frigo, nous devons faire notre épicerie aux deux jours. À peu près. À vélo, il va sans dire. Le matin de préférence, pour éviter la grande chaleur. Les premiers kilomètres sont tranquilles, puis le passage en ville se fait dans un dangereux traffic, si difficile à négocier que Céline a abandonné l’idée de louer des motos. Elle bloquerait sur le coin de la rue dès la première intersection sans feux de signalisation. Elle deviendrait un danger pour elle-même et pour les autres, affirme-t-elle. J’avoue que je ne l’encourage pas à changer d’idée. Je doute de ma capacité à suivre le rythme. Hier encore, à vélo, je suis passé à deux doigts de rentrer dans l’arrière d’une Tata Nano (conduite par un tata nono) qui m’a soudainement coupé avant de freiner aussitôt. Nous avons vu passer une auto qui donnait des cours de conduite, la semaine dernière. Nous avons bien rigolé et nous demandant quelle règle (au singulier) on y enseignait. Enfin, tout cela pour dire que la moindre inattention peut vous faire heurter une personne qui a décidé de traverser, ou percuter l’arrière d’un véhicule qui a décidé de freiner ou rentrer de plein front dans un tuk-tuk qui double malgré que vous êtes en train de rencontrer un autobus. Pourtant, si vous êtes un chien ou une poule au milieu de la rue, on ne vous écrasera pas. Probablement.
La route est jolie. Le bord de mer s’est beaucoup transformé au cours de la dernière année. On ne le reconnaît presque plus. Les touristes arrivent. Il y en a beaucoup plus. Des hôtels aussi. Chaque citoyen modifie sa maison pour en faire un Home Stay. Les vendeurs de bêtises s’installent, comme ce nouveau kiosque de coquillages, les mêmes qu’en Floride, (certainement made in China) puisqu’il n’y a pas de coquillages sur cette plage. Peut-être en plastique. C’est un signe. Bienvenus, touristes, qui se permettent de circuler presque nus, grosses bedaines pendantes, bikinis minuscules, pantalons moulants comme une peinture sur la nudité. Le choc culturel. Les Indiens ne seront plus les mêmes.


 Nous commençons par la Coop (un supermarket avec trois rangées de présentoirs), le kiosque de fruits et de légumes, qui vend aussi les œufs, celui des poissons, à l’occasion le débit de boisson, au bout d’une ruelle sans pavé et sans issue, et nous revenons. Simple. On achète des œufs à l’unité ( emballés dans une feuille de papier journal ficelés avec une corde - faut le faire) pour les protéines, des patates, du yam, des carottes, de l’oignon rouge (il n’y en a pas d’autres), des oranges, des tomates italiennes (pas d’autres non plus), de l’ail, du gingembre, des concombres, des bananes, des ananas, des grenades, des noix de coco, des « drumsticks », et d’autres légumes que nous découvrons peu à peu et dont nous ne connaissons pas les noms. En général, un grand sac de fruits et légumes mélangés nous coûte environ 4$. C’est à peu près 0,65$ du kilo. Au supermarché, Céline a décidé que nous dégusterons à tour de rôle la vingtaine de sortes de riz offerts. Nous avons commencé avec les grains les plus longs et nous passerons bientôt à des riz colorés. Nous faisons des légumineuses pour les protéines aussi, avec curry, curcuma et cumin.
Nous n’avons mangé que deux repas de viande depuis notre départ et nous avons épuisé notre café canadien. Désormais, nous boirons notre Nescafé en poudre avec du lait en poudre. Pour avoir du lait, il faut attendre le jeune homme en moto (laitier des temps modernes) qui passe avec un bidon comme celui que nous utilisions dans nos campagnes attaché sur sa selle, derrière lui. Les femmes et les enfants se tiennent sur le bord de la rue, l’arrêtent et lui achètent le contenu d’une tasse ou d’un pichet. Nous n’avons pas osé goûter au lait cru… même si ça me chatouille les papilles.

Hier, on en avait assez du riz. Comme il n’y a pas de nouilles type spaghetti, on s’est fait nos propres nouilles aux œufs (à l’ancienne, coupées au couteau) et une sauce tomate du tonnerre : spaghetti total maison. Un délice. On devrait breveter pour l’Inde. Faudrait tester si les Indiens aiment ce goût et cette texture.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire