mercredi 10 février 2016

Finalement, faut se méfier des éléphants...

Ce matin, alors que nous partions en balade, notre hôtelier nous mettait en garde contre les éléphants. Nous allions au lac, à quelques kilomètres d’ici, et je me promettais de prolonger un peu notre promenade en parcourant un petit sentier qui contourne l’étendue d’eau jusque sur une montagne. Non (ou plutôt "no"), nous disait-il, trop dangereux. Nous pouvions aller au lac, mais pas plus loin. Retour immédiat. Les éléphants sauvages sont nombreux et dangereux, affirmait-il,  particulièrement s’ils sont solitaires. Des rejetés aigris. Il y mettait beaucoup de sérieux. En cours de route, nous avons revérifié cette information après d’un restaurateur qui nous a confirmé qu’il y a effectivement beaucoup  d’éléphants sauvages, mais qu’ils sont plus loin. La zone sécuritaire de notre hôtelier était un peu exagérée. On a compris qu’il voulait garder ses clients en santé. Faut éviter la mauvaise publicité.

Nous avons toutefois respecté ses injonctions en nous disant qu’il est plus difficile d’effrayer un éléphant en faisant bouh! qu’un chevreuil, par exemple  De plus, Céline nous a relevé une autre considération dissuasive, sur le web, en notant que de nombreuses personnes meurent chaque année en Inde à la suite d’une rencontre impromptue avec un tigre, un léopard ou une grosse bibitte éléphantesque. Il y a eu, l’an dernier, ces deux touristes piétinés parce qu’ils avaient continué de prendre des photos pendant la charge d’un gros mâle. On est devenu plus sérieux : ce qui ne nous a pas empêché de rigoler du taxi qui descendait la route avec son touriste et qui nous a demandé si nous avions vu un éléphant. Il maintenait son touriste sous tension, dans un suspense payant. Il avait dû lui promettre des éléphants. C’est comme chez nous si on promettait à un visiteur de lui faire rencontrer un ours en forêt. Une promesse qui  n’empêche pas les ours d’être parfois d’une fréquentation difficile.
 
De lac, c’était un peu tristounet : un lac de barrage, une berge pleine de déchets, deux jeunes qui lavaient leur moto… Rien de particulier, qu’un bon entraînement pour les deux québécois. Solide dénivellation.

En allant à notre spectacle de Kathakali, du théâtre traditionnel qui fait grand cas de la moindre expression du visage, des yeux et des mains, (à mon avis, l’inspiration du style du cinéma de Bollywood), nous avons assisté à l’arrivée de l’autobus scolaire à l’école. Chez nous, beaucoup d’enfants y laisseraient leur peau. D’abord, l’autobus s’est mis en travers de la route avant de reculer vers les enfants. Ensuite, il s’est stationné du mauvais côté de la rue, de sorte que les enfants devaient monter à partir du milieu du chemin. Pendant ce temps, les autos passaient et klaxonnant tout ce petit monde. Devant notre hôtel, ce matin, on a débarqué une bonne vingtaine d’enfants et il en restait au moins cinquante dans le bus. Autre pays, autres mœurs,  direz-vous, mais une chose est certaine, les enfants survivants ont appris à surveiller le trafic. Je blague! Ici, même les poules et les poussins circulent dans la rue et ne se font jamais écraser. Ce sont les routes les plus sécuritaires que j’aie jamais vu. Je me plais à dire que l’Inde est le paradis des aveugles.


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