On se croirait sur les traces de Marco Polo. Tout en approchant de ce
petit coin de pays, dans notre confortable taxi, les gens faisaient sécher leur
thé ou leur cardamome le long de la route, sur de grandes bâches en plastique
bleue. Une route digne d’un circuit cycliste, en côtes et en zigzags, sur une
route de la largeur d’une piste cyclable. Au lieu d’un tour de l’Indre, nous aurions un
tour de l’Inde. Beau changement. Faudrait juste faire attention aux animaux de
toutes sortes qui circulent ou dorment sur la route. En auto, lorsqu’on atteint 70km
heure, on a l’impression de rouler à 130. On double alors partout, dans les
virages comme dans les côtes. Enfin, on est arrivé en parfait état. Quand je
disais que les routes de l’Inde sont sécuritaires!

Finalement, nous sommes à Ramakkalmedu, une petite agglomération située
près de l’immense dénivellation de 500 mètres qui parcourt une bonne partie de
l’Inde, du nord au sud. C’est un coin oublié du Lonely Planet et de la plupart
des Guides de voyage. Notre « Home stay », le Wind Valley, se trouve
à moins d’un kilomètre d’un point de vue
époustouflant. On a l’impression d’être en avion. Des dizaines d’agglomérations
blanches couvrent une partie de la grande plaine, des dizaines d’éoliennes,
comme de grandes plantations, et tout un territoire divisé en champs colorés.
Léonardo de Caprio qui a passé dans la région a dit que s’il existe un paradis
terrestre quelque part sur la planète, c’est ici qu’il se trouve. Nous pourrions
donner plusieurs autres endroits paradisiaques, celui-ci en serait un, en tenant
compte, bien sûr, de la saison pendant laquelle on y habite. Quand je vois de
magnifiques maisons, chez nous, perchées sur un promontoire, désirables, je me
dis toujours : « Oui, mais l’hiver ? ». Ici, on se dit :
« Oui, mais pendant la mousson ? »
Le garçon du propriétaire nous a fait visiter son jardin d’épices et de
fruits de 2 âcres. On y retrouve de tout : jacquiers, manguiers, bananiers,
poivriers, papayers, cardamomes, jalapenos, cocotiers, caféiers, cacaos,
orangers, citronniers, et plein d’autres arbres à fruits ou à épices, ou à
produits médicinaux, en feuilles (menthes, sauges, etc) ou en graines dont je
ne peux me souvenir. Une féérie.
Demain, nous irons voir un rocher en forme de tortue : une belle destination
pour une promenade de quelques kilomètres.
Alors que nous projetons un autre pays pour l’an prochain, en revenant au
« Home stay » cet après-midi, j’avais de la difficulté à m’imaginer
ne pas revenir ici dans les prochaines années. Le garçon qui a étudié en
informatique m’a amélioré le fonctionnement de mon ordinateur, il nous a
apporté des bananes avant notre promenade, un thé chai au retour, et j’en
passe. Des gens totalement attentionnés à nos besoins et à nos états d’âme. On
nous salue sur la rue. On nous sourit. On nous accepte. On veut nous connaître.
On les adore.
Note : le théier est une plante grimpante.
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