Nous sommes à Devikulam, à l’hôtel Vandata Wake Up. C’est un village de
montagne, à 1480 mètres d’altitude, établi dans une espèce de cuvette sur les
pentes de laquelle poussent autant de théiers qu’il y a d’espace utilisable.
Les nuits sont froides, l’intérieur de l’hôtel devient humide et glacé pendant
la nuit, mais aussitôt le jour venu, la température remonte à toute vitesse.

Aujourd’hui, nous avons suivi une route qui mène sur un col, à plus de
1800m. Le calme. La paix. Les oiseaux. Le soleil. Quelques rares personnes,
comme si l’Inde n’était pas surpeuplé. La beauté d’un paysage à couper le
souffle, aménagé dans ses moindres détails. C’était dimanche. Les gens
revenaient de la messe, en famille. On récite le chapelet dans plusieurs
maisons, le soir. C’était repos dans les champs. Un camp de travailleurs, tout
en bas, des maisons en rangées pour loger les familles.
Question
de les garder à portée de chantier, j’imagine. Tout au fond, quelques femmes
lavaient leur linge bruyamment (elles frappent le linge de toutes leurs forces
sur des rochers ou du ciment) et le faisaient sécher sur les théiers.

Les
employés ne semblent pas avoir un nombre d’heures limite par jour. À notre
dernier hôtel, le garçon qui faisait les chambres et s’occupait des clients
commençait avant notre réveil et travaillait encore à notre coucher. Lorsque je
parlais avec le patron et que celui-ci avait un besoin, il demandait
immédiatement et recevait tout aussi vite. Ainsi, en regardant une affiche avec
moi a-t-il demandé à son employé d’aller chercher ses lunettes. Une autre fois
une serviette de table en papier. N’importe quoi. On sentait un réflexe bien
ancré. Ici, à l’hôtel, il est 20h30, au moment où j’écris ces lignes, et c’est
le même réceptionniste que ce matin 8h. Toujours aussi souriant, accueillant et
courtois. Satisfait de son boulot. Heureux de sa vie.
Les femmes revenaient de la forêt. Elles avaient ramassé du petit bois
pour la semaine. Pieds nus, chargées de morceaux qui faisaient parfois 8 ou 10 pieds, elles prenaient le temps de lâcher la charge d'une main pour nous saluer en souriant.
Demain, nous partons déjà pour Chinnacanal, environ 17km au sud. Nous
nous dirigeons par étapes
vers Madurai où nous prendrons l’avion pour le Népal
le 23.
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