vendredi 26 février 2016
Le mythe
Katmandou! Nous étions adolescents que nous en rêvions. Mythe si lointain, que nous
ne pensions pas l’atteindre. Jamais!
Lorsque, tout au long
des années soixante, nous entendions parler de Katmandou, nous ne savions pas
qu’il n’y avait qu’un ensemble de villages, dans cette vallée. Par contre, nous
nous doutions bien qu’on pouvait y consommer pot et hasch à volonté. En 1974,
on a fait des lois pour régler le problème de la drogue et les habitants des
villages ont commencé à essaimer pour former la ville actuelle. Une grande ville
mal foutue où la pollution est si importante qu’environ 15% des gens qu’on y
rencontre portent des masques pour se protéger de la poussière soulevée par les
véhicules (motos surtout, parce que certaines rues sont tellement détériorées
que les autos peinent à y circuler), si omniprésente que les commerçants
doivent essuyer les produits avant de les vendre. Je ne voulais pas acheter la
première bière que j’y ai vu, croyant qu’elle datait de quelques années.
Lorsque j’ai vu une même bouteille toute poussiéreuse au frigo, j’ai constaté
que tout, dans l’épicerie, était uniformément couvert de poussière. Ajoutez à
cela les gaz d’échappement, plus quelques usines, et le mélange devient parfait
pour vous embarrasser les poumons en peu de temps. Avant les années 90, nous
dit-on, on voyait plusieurs sommets de l’Himalaya à partir de la ville.
Maintenant, avec la pollution, ça n’arrive pratiquement jamais.
Notre passage à
l’aéroport s’est terminé après un délestage de 202$ US. Coût du visa. Pas
chanceux avec la valeur actuelle du dollar canadien. Taxi jusqu’à notre hôtel.
Rien de beau, ni d’intéressant sur la route. Une ville grise et brune au
plafond bas, une circulation digne des rues indiennes, des maisons sales,
quelques murets éventrés par le tremblement de terre de l’an dernier, de la
pauvreté, des kiosques de rue sombres, des passants masqués ou sans le moindre
sourire. Je me trouvais négatif. J’ai attribué ma perception à mon état de
fatigue : nous n’avions dormi que 2 ou 3 heures pendant les 36 dernières
heures.
Ici à Katmandou, notre
chambre est petite et froide. Il n’y a que quelques heures d’électricité par
jour. Le reste du temps, des batteries fournissent un minimum d’éclairage. La
température extérieure chute brusquement chaque nuit et nos fenêtres ne se
ferment pas complètement. L’eau chaude
provient de tuyaux noirs sur la toiture. Il faut donc être stratégique pour se
doucher à l’eau tiède. Le cuisinier est un garçon de 16 ans, sorti d’un village
et amené en ville pour lui permettre d’être nourri et logé tout en recevant un
petit revenu mensuel. Il couche par terre dans la cuisine.
La vie ici nous semble
dure. Les gens sourient peu et ne nous saluent pas. Une moto m’a heurté le bras
au passage. Avec le guidon. Le conducteur n’a même pas ralenti. Les motos
circulent à bonne vitesse à travers les gens et ils ont la priorité. Il fait
sombre dans les maisons et dans les magasins. Dehors, c’est pollué.
Faut dire, que nous
débarquons du Kérala, qui est, parmi toutes régions que nous avons visitées,
celle où la vie est la plus douce. Le choc que nous ressentons est donc plus
brutal et s’atténuera probablement au fur et à mesure de notre adaptation.
Nous partons lundi
pour une autre région. Nous espérons qu’un charme s’opérera. Peut-être la vue
lointaine de l’Annapurna saura égayer nos journées.
jeudi 18 février 2016
Un pays pas comme les autres
Kumily est une ville touristique,
située à la limite d’un parc national dans lequel, dit-on, circulent tigres,
éléphants, etc. Toutefois, depuis que deux touristes se sont fait piétiner par
un éléphant l’an dernier, il semble que les guides sont soudainement devenus
incapables d’en voir. Ils évitent d’y amener les touristes. Ce qui n’empêche
pas l’organisation de safaris ou autres promenades guidées, coûteuses, à pieds
ou en jeep, pour quelques heures ou quelques jours. Nous avons expérimenté les
safaris indiens l’an dernier, qui nous ont permis de voir un tigre en liberté :
la jeep avait reculé juste au côté de la bête couchée pour nous permettre de la
photographier derrière des barreaux. Une fois suffit. L’autre fois, à pieds
dans un parc à tigres, au nord, nous n’avons vu, comme plantes et animaux, que
des bambous et un cheval. Donc, cette fois-ci, nous nous contenterons de nous
promener autour du lac ou dans le refuge d’oiseaux. Si c’est possible sans
guide et sans être inclus dans un groupe.
Aujourd’hui, nous
avons gravi un promontoire : une centaine de mètres sur 2,5km. Un exercice
excellent pour la santé. Les jeeps louées par les touristes nous dépassaient,
tant en montant qu’en descendant. Ils arrivaient au sommet, les conducteurs
laissaient tourner le moteur pendant que les clients se photographiaient, puis remontaient
à bord pour redescendre. Un peu tristounet. Le point de vue était joli, le
promontoire bien situé, surmonté d’une croix, un peu trop de brume, comme
toujours dans les paysages indiens.
Céline a cassé en deux
la monture de ses lunettes. Il y a de cela deux semaines, juste comme ça, en
les essuyant. Un défaut de fabrication. Made in China, je suppose. Nous l’avons
collée à la « superglue » et ça a tenu quelques jours. Puis, crack.
Foutu. Aujourd’hui, nous avons eu une illumination (ça arrive en Inde) et nous
avons consulté un optométriste. Il a simplement transféré les vitres dans une
nouvelle monture. Un travail de 5 minutes, un coût de presque rien et des
lunettes neuves. Vive l’Inde et ses solutions si simples, pour presque tout.
lundi 15 février 2016
Au pays des épices.
On se croirait sur les traces de Marco Polo. Tout en approchant de ce
petit coin de pays, dans notre confortable taxi, les gens faisaient sécher leur
thé ou leur cardamome le long de la route, sur de grandes bâches en plastique
bleue. Une route digne d’un circuit cycliste, en côtes et en zigzags, sur une
route de la largeur d’une piste cyclable. Au lieu d’un tour de l’Indre, nous aurions un
tour de l’Inde. Beau changement. Faudrait juste faire attention aux animaux de
toutes sortes qui circulent ou dorment sur la route. En auto, lorsqu’on atteint 70km
heure, on a l’impression de rouler à 130. On double alors partout, dans les
virages comme dans les côtes. Enfin, on est arrivé en parfait état. Quand je
disais que les routes de l’Inde sont sécuritaires!
Demain, nous irons voir un rocher en forme de tortue : une belle destination
pour une promenade de quelques kilomètres.
Note : le théier est une plante grimpante.
vendredi 12 février 2016
Il est où, le danger?
Finalement, j’ai
franchi la porte du barbier, de l’autre côté de la rue, juste en face de notre
hôtel. De fait, elle est toujours ouverte. Lui, il ne parle pas un mot
d’anglais. Je l’ai salué d’un petit coup de tête sur le côté (je me pratique à
faire comme les Indiens) et je lui ai fait un signe au-dessus des oreilles.
Impossible de lui donner plus de détails. Il m’a fait asseoir sur sa vielle
chaise en cuir craquelée. La seule libre de produits. Devant
moi, le comptoir débordait de
toutes sortes de choses et en-dessous, je pouvais voir les cheveux résultants d’un
bon mois de coupe. Tout noir. Les miens sont blonds, ou plutôt portent encore
des nuances de blond dans le gris qui peu à peu prédomine. C’est mon point de
vue.
Demain, nous partons.
Plutôt que de transférer dans trois autobus différents, plus une jeep et un
tuk-tuk, nous avons décidé de louer un taxi. Rien pour nous ruiner : environ
40$ pour une soixantaine de kilomètres. Combien plus confortable.
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