samedi 16 décembre 2017

Tout baigne

Semaine d’espagnol et de travail. Nous ne parlons pas encore un espagnol fluide, mais nous comprenons suffisamment pour discuter d’à peu près n’importe quoi avec les gens, à condition qu’ils ne parlent pas trop vite. Ils ont l’habitude des gringos. Cette semaine s’est terminée avec un repas chez Daniel, cet Ontarien dont j’ai déjà parlé. Jeudi, nous avons visité les eaux thermales : pas chaudes, juste tièdes. Peu intéressantes. Nous devions payer l’essence, nous avons presque payé un plein. (Pour une course de 15 kilomètres) Il ne faut pas oublier que nous sommes des touristes et que par conséquent, nous représentons un revenu potentiel. En affaire, comme on dit, il n’y a pas d’amis. Soyons pas naïf. Toujours exiger un prix fixe AVANT. Une règle difficile à appliquer sans craquer. Pourtant si simple. Chaque année, on se fait prendre au moins une fois.

L’activité de la semaine, à La Merced, c’était la procession de la Vierge de la Guadaloupe. Tous les enfants, jusqu’à 7 ou 8 ans, portaient le costume traditionnel du village de ses parents. Magnifique.

J’oubliais un tremblement de terre de 5.1 pas trop loin d’ici, qui nous a réveillé la nuit. Le lit tanguait. Nos enseignantes nous ont dit que ce n’était pas un tremblement de terre. Juste un tremblement.


Ce soir, nous allons à un concert donné par une soprano. Gratuit. J'en reparlerai. Ensuite, je regarderai le combat d David Lemieux à la télé. J’en reparlerai pas. 

mercredi 13 décembre 2017

Exercices variés

Un détail que j’avais oublié, pendant le concert de samedi, des jeunes, (je les imagine jeunes) faisaient éclater des « bombas » et lançaient des feux d’artifices depuis le parvis. L’immense porte centrale était grande ouverte de sorte que, parfois, on n’entendait plus les chanteurs ou les musiciens. Le spectacle s’est déroulé jusqu’à la fin sans la moindre interruption, comme si nous étions les seuls, Céline et moi, à entendre ce boucan. Je me suis retourné à deux ou trois reprises. J’étais le seul à me retourner. 

Fin de la natation. Nous sommes donc montés à La Cruz. C’est une croix, érigée sur une hauteur en périphérie de la ville, qui nous permet d’avoir une vue sur les principaux quartiers et sur le volcan Agua. Quelques kilomètres tout au plus.

De retour à l’appartement, j’ai fait une très très mauvaise chute dans l’escalier de fer. Deux feuilles de papier glacé sur une marche ont suffi à me faire dégringoler sauvagement, de la troisième marche du haut, jusqu’au plancher de céramique. En descendant, je me suis écrasé le dos sur un coin en fer forgé, ais trop quoi et comme je tenais un épais verre en vitre, et que je n’ai pas été foutu de m’en débarrasser pour me protéger, celui-ci m’a éclaté dans la main lorsque je me suis étalé sur le sol. En mille miettes. Céline me criait de ne pas bouger, mais j’avais tellement mal, au dos, au genou et aux doigts, que c’était impossible. Spasmes pour vomir. À la limite de la perte de conscience. Il m’a fallu de longues minutes avant que la douleur ne reflue suffisamment  pour reprendre mes sens. Céline avait eu le temps de balayer la vitre sur le sol pour que je ne me blesse pas davantage. J’avais la main en sang. Bref, rien de bien jojo. Je savais que je n’avais rien de fracturé dans le dos. Je croyais avoir tous les doigts de la main droite fracturés. Douleur trop intense. Insupportable. Mon genou? Je ne savais pas encore. J’ai enfin réussi à m’asseoir sur le sol et à me pencher vers l’avant pour reprendre mes sens.
je me suis tapé lourdement la rotule sur je ne s

Finalement, rien de cassé. Pas même les doigts. On m’a coupé aux ciseaux un morceau de peau au milieu de la main, deux jours plus tard, j’en extirpais un tesson de verre oublié, j’ai utilisé la recette du pays pour stériliser les plaies et accélérer la cicatrisation : une peau d’oignon. Pas une pelure, juste la petite peau transparente entre deux pelures. On pose un sparadrap par-dessus. Efficace. Pour le dos et le genou, je me traînais lamentablement le lendemain, malgré les cannettes de bière froide que j’avais utilisé en guise de glace. J’ai pris des anti-inflammatoires. Là, ça va mieux. J’ai cessé les médicaments. J’ai le muscle du dos écrasé. Il faudra du temps. Mon genou n’est plus enflé, mais faut marcher lentement et avec prudence.  C’est comme si ma rotule avait été déplacée. J’ai vérifié : elle est toujours bien centrée. La blessure du dos, avec sa grande lacération superficielle, horizontale, m’indique clairement que je suis passé à moins d’un centimètre de la colonne vertébrale. Ouf! La tête s’en est tirée indemne. Bien. Mon mois de natation a dû m’aider.


Bref, tout le monde me dit que j’ai été très chanceux. Ouais! Sûrement, mais je ne sais pas si j’ai été chanceux de prendre une telle débarque. J’ai repris mon leitmotiv : la vie peut basculer n’importe quand. Faut en profiter.

dimanche 10 décembre 2017

La chaise de jardin

Notre proprio a décidé de se construire une chaise de jardin. Juste la conception a pris quelques jours. Je les voyais, toute la famille et un conseiller, assis devant l’endroit qu’ils avaient choisi pour son installation, à discuter et à réfléchir. Depuis, avec l’aide d’un artisan (véritable artiste du béton), il y travaille quotidiennement. Deux semaines que ça dure. On pourra bientôt s’y asseoir. Je pense. Ça s’annonce magnifique. Intégrée à la nature. J'essaierai plus tard d'en sortir plus de détails.

Les gens d’ici, je me répète, ne peuvent pas faire des trucs moches. On en découvre des beautés secrètes tous les jours. Nous visitions cette semaine un hôtel-musée renversant, construit dans des ruines bien préservées. Toutes les nouvelles constructions sont harmonieusement intégrées à l’ensemble, quelques galeries exposants des œuvres d’art contemporaines ou pré-colombiennes, discrètes, se révèlent au hasard de la visite. Absolument parfait. Tout y est absolument parfait.

Plus on creuse, plus on découvre les beautés secrètes de la ville.

En passant, j’ai maintenant complété ma traversée du Lac-St-Jean. J’ai plus de 40 kilomètres à mon actif… sauf qu’il m’a fallu un mois pour les compléter.

Autre nouvelle : on a participé à la cérémonie pendant laquelle on brûle le diable. Il a des allures de politiciens, soit dit en passant. Une foule plus que considérable. Quand tu ne peux plus ni avancer, ni reculer. Ça donne une photo typique de notre époque. On photographie des téléphones. Quand il faut attendre que la foule se dégage en périphérie pour t’extirper de ce magma humain, on comprend qu’un mouvement de panique puisse entraîner des morts. On comprend l’expression « piétiné par la foule ». Jamais rien de comparable chez nous.


samedi 9 décembre 2017

Pourquoi on prend sa retraite au Guatemala

Ici, à Antigua, il est interdit de couper un arbre. Si un de tes arbres meurt et que tu veux le couper, non seulement te faut-il une autorisation de la ville, mais en plus, des spécialistes vont venir vérifier qu’il est bien mort de mot naturelle, qu’on ne l’a pas maltraité ou empoisonné. Les amendes sont tellement élevées que les gens préfèrent construire autour de l’arbre. Ainsi, au milieu de notre loyer, il y a un puits qui permet à un avocatier de traverser la maison pour sortir à travers le toit de tôle.

Cette semaine nous avons rendu visite à un anglais de Toronto qui s’est récemment acheté une maison ici. Il vient passer ses hivers dans la cité depuis 8 années, il aime, il prend des cours d’espagnol, il fait de petites virées au Canada aux trois mois, question de revoir quelques connaissances et de renouveler son permis de séjour. Il a payé sa maison 450 000$, sans les meubles. Nous découvrons que les maisons d’ici sont souvent très dispendieuses, surtout au centre-ville. Celle de l’un de nos voisins a coûté plus de 4,5 millions, celle de l’autre, 1,5 millions. En fait, ce sont les gens riches du Guatemala qui viennent s’acheter une propriété, qui l’habitent parfois un mois par année, ou les fins de semaine. Comme une résidence secondaire. C'est in que d’avoir un pied à terre à Antigua.

L’un de nos voisins préparait une réception : des centaines de chaises, couleur or ou transparente, comme si elles étaient de verre, des dizaines de tables et des dizaines d’employés, sinon plus, qui travaillaient à préparer l’événement. Nous avons entrevu quelques arrivants, dignes de nos tapis rouges.


Autrement, des hôtels luxueux, comme celui où nous allons nager, qui se remplissent des gens de Guatemala City qui viennent passer une fin de semaine. Party de bureau ou vacances familiales ou clubs sportifs, peu importe.

Tout ceci donne une ville dynamique, avec des activités et des concerts plusieurs fois par semaine, que ce soit dans une église ou en plein air, la plupart du temps gratuits. Hier encore, nous avons profité d’un concert de Noël dans une église, avec un quatuor de violon et violoncelle, suivi d’une chorale avec maestro, tout en douceur et en équilibre. À l’exemple de l’harmonie de toute chose que l’on retrouve dans toute la cité. À première vue, tout semble si simple, et au fur et à mesure que l’on regarde, on découvre une intention de beauté et de paix derrière toute chose.

Tout en nous rendant à l’église, il y avait des feux d’artifice sur la rue et un groupe de musiciens jouaient dans un parc. Au retour, nous avons pris quelques instants et un breuvage dans un bar de jazz au long de notre route.


dimanche 3 décembre 2017

Y'a des fous partout

La nuit dernière, j’ai peu dormi. L’un de nos voisins, je préfère ne pas savoir lequel, pour ma quiétude et sa santé, a passé la nuit à faire exploser des pétards. Ici, les pétards ne sont pas les petits pétards rouges que nous connaissons tous, mais littéralement des bombes de feux d’artifice. Le bruit d’un canon. Toute la nuit. Jusqu’à 7h du matin. Aux cinq minutes. Sans la moindre exagération. Je me disais tout le temps qu’il finirait par dormir. Mais non. Ensuite, j’ai espéré qu’il manque de pétard ou d’argent. Mais non. Peut-être une chicane de voisin? En tout cas, j’espère que nous pourrons dormir en paix ce soir.  


J’en doute un peu. Il est 20h30 et il commence sa pétarade. Me faudra des boules quies.

mardi 28 novembre 2017

Histoire de plâtre


Au réveil, ce matin, il y avait du plâtre sur le plancher. Détaché d’une plinthe du plafond. Vibrations de la maison suite aux passages des camions sur la rue? Peu probable : tout est en béton. Tremblement de terre? Il y a eu plus de 1700 tremblements de terre au Guatemala depuis le début de 2017. Quand on en parle, on nous dit que ce ne sont pas des tremblements de terre, mais le sol qui se berce doucement. Qu’un tremblement de terre, c’est quand ça brasse et que les briques tombent. Bien sûr. Et la nuit, on entend parfois vibrer la porte de la chambre.

Le concert de marimba de samedi fut absolument renversant. Plus de 60 joueurs. 6 groupes. Le plus grand concert de marimba au monde. Probablement parce que le Guatemala est le seul pays au monde où c’est l’instrument national. Dans les ruines, avec la lune au-dessus de nos têtes, dans les dômes fracassé, c’était transcendant.

Cette semaine, nous avons visité un producteur de noix de macadam. On le vend de toutes les façons, pour l’alimentation, en huile et en crème et en beurre et j’en passe. J’ai eu droit à un très bref facial qui m’a fait acheter un petit pot de crème. Doux pour la peau, résultats peu probants pour l’avenir.  

Cette visite nous a permis de constater, encore une fois, que les guatémaltèques sont soucieux de leur environnement. Ils l’embellissent avec un sens naturel du romantisme, qu’ils diffusent dans tous leurs paysages. Rien de grandiose. Des lieux intimes pour s’asseoir.

Ils ont aussi, dois-je dire, la religion accrochée au cœur. Mon enseignante fait le signe de la croix chaque fois que nous passons devant une église ou une croix, à pied ou en autobus. Elle se signe également chaque fois qu’elle franchit le seuil de sa maison, me dit-elle.

Jeudi, jour de marché. La journée des petits producteurs, ceux qui viennent vendre un sac de carottes, par exemple. Céline se laisse attendrir. Elle voudrait acheter un peu de chacun. Elle achète selon son cœur, que le produit soit inscrit ou non sur notre liste. J’ai finalement réussi à la sortir de là en lui faisant valoir que nos deux sacs débordaient. Encore des patates? Non, j’en avais déjà achetées.
Vendredi, après le coucher du soleil, les fanfares ont déambulé dans les rues jusqu’à La Merced. On a allumé les lumières de Noël, magnifiques, suivi d’un petit feu d’artifice et de la musique de Noël jouée sur marimba,bien sûr. Les drones survolaient la foule et un homme-feu-d’artifice s’est promené à travers les gens en explosant de toutes les couleurs. Je n’ai jamais, foi d’ancien directeur d’école, vu une démonstration aussi dangereuse. Tout le monde s’en est sorti indemne… semble-t-il, malgré quelques fusées qui se sont perdues dans la foule. Par mesure de précaution, j’imagine, les pompiers n’étaient pas loin, assis en rang sur leur camion.   


samedi 25 novembre 2017

Toute la ville était sur la place centrale

Hier au soir, c’était soirée de fête. On allumait les lumières de Noël dans les arbres de la place centrale. À 18h. Nous n’avions pas prévu les discours, la fanfare, l’hymne national et l’esprit guatémaltèque qui ont fait en sorte que les lumières ne se sont pas allumées avant 19h passées. Seulement les troncs. Nous attendions, Céline et moi, la suite, un éclairage des feuillages en différentes couleurs. Rien. C’est tout nous a-t-on dit. Nous quittions la place lorsqu’on nous a consolés d’un joli feu d’artifice. Les fusées partaient à quelques mètres des spectateurs. Nous n’avons jamais été aussi près du feu de l’action, pourrait-on dire sans faire d’ironie. C’est comme la bouteille de propane sous l’évier.

Elle était vide. Quelques mots au proprio et quelques minutes plus tard, pas plus de 10, le livreur venait nous en installer une nouvelle. Sécuritaire, nous a-t-il juré. Pas nécessaire de la refermer lorsqu’on ne s’en sert pas. De toute façon, pour la refermer, il suffit de relâcher une tirette. Simple comme tout. Merci. Bonjour. Vous voulez de l’eau? Juste un appel et on vous en livre. Des tortillas? Même chose. Livraison à domicile.

Pacaya. Le nom d’un volcan et le nom d’un légume sinon remarquable, du moins que l’on n’oublie pas. Joli comme tout. Faire bouillir trois fois avec sel et sucre, jeter l’eau entre chaque ébullition, puis frire dans des œufs battus. Aucun goût, sinon celui des œufs et d’une amertume résiduelle. Un vrai lendemain d’élection. Ici, le jour d’après, c’était les chutes de Montmorency. Efficace et sans douleur.

Les expériences ne sont pas toutes négatives. Nous avons adopté la racine du guisquil. Cette racine se nomme inchintal. Délicieuse. Faire bouillir une seule fois. Cuire dans les œufs battus.  Un succès.


On se trouvera autre chose cette semaine.