mercredi 17 janvier 2018

Quelques mots sur les touristes et le tourisme.

Je n’aime pas certaines catégories de touristes. On en rencontre ici, parcourant les rues habillés comme des explorateurs africains du XIXième siècle, du moins dans la version cinématographique de la chose, ou encore, pour ce qui est de plusieurs jeunes femmes, habillées si peu, que c’en est indécent. Du moins pour le pays où nous nous trouvons. Un pays ou les gens s’habillent avec modestie. On se fâche chez nous, de voir les musulmanes s’habiller selon leurs coutumes, mais je peux vous jurer que nous faisons de même ailleurs. Est-ce si grave, me dira-t-on? Je n’en sais rien. Les gens d’ici sont tolérants et ceux de chez-nous se disent qu’ils ont raison de ne pas faire de compromis.

J’ai déjà parlé, dans le passé, de ces touristes bien pensant qui se promènent les poches remplies de bonbons et de crayons, qui distribuent à tout enfant et qui se croient généreux. Ils agissent un peu comme les participantes des Gazelles du Désert qui se dédouanent en distribuant du matériel scolaire à des enfants de villages. Une manière de faire oublier la pollution et la détérioration des milieux où se déroulent les activités, d’oublier le fait que ce sont de grosses organisations à but lucratif qui les chapeautent. Paris-Dakkar, peut-être? Les grosses mines en Afrique? Les donneurs de crayons et de chocolat, eux, ils contribuent à faire des enfants qui quémandent pour obtenir des choses dont ils n’ont généralement pas besoin ou qui sont mauvaises pour la santé. Si les gens qui passaient sur la rue devant ma maison avaient fait de même avec mes enfants, j’aurais réagi fortement à leur corruption. Je n’aurais pas toléré. Pire encore, ces touristes, qui se croient généreux, préparent ces enfants à une rencontre avec un pédophile. Ici, au Gauatemala, à l’hôtel où nous allons nager, une grosse pancarte est affichée bien en évidence : laissez nos enfants tranquilles! C’est bien dit et c’est essentiel.

C’est comme ces activités pour touristes que j’illustre par la « danse de la pluie pour touristes ». Je suis contre. Le guide vous amène voir un type qui marche sur les mains. Genre « le petit gars du coin qui est bien bon » et qui tend la main pour un pourboire. Chaque fois que ça m’arrive, j’explique au guide que nous payons pour les services que nous recevons, que nous payons pour notre nourriture, que nous sommes conscients que nous payons souvent un peu plus que les gens du pays, que nous acceptons ce petit plus comme une contribution collatérale, mais que nous ne payons pas pour voir les gens faire des pirouettes pour quêter des sous. Si nous voulons assister à un spectacle, nous irons et nous paierons le prix d’entrée comme il se doit. Mais les gens du pays n’ont pas à se transformer en chiens savants parce que nous venons d’ailleurs. Je ne viens pas changer leur culture, je viens vivre ici avec eux et pour une grande part, comme eux.

Chaque jour, nous sommes confrontés directement avec un autre phénomène touristique : les stages et le bénévolat. Des centaines de jeunes viennent ici faire du bénévolat. Programmes scolaires internationaux ou engagements personnels ou autres, je ne sais trop, mais ça pullule. Stage communautaires, dit-on, pour aider la communauté. Comme si ces gens ne savaient pas comment construire leur maison ou comment donner des soins à leurs personnes âgées. Des retraités parcourent la ville, encadrés par des organismes qui organisent ces voyages « humanitaires ». Je soupçonne plutôt ces organismes d’organiser ces voyages dans le but de rentabiliser leur entreprise. Néanmoins, c’est un créneau très payant. Une bonne vache à lait, que ces touristes humanitaires. Le problème, c’est que presque, sinon toutes ces personnes, n’apportent pas une expertise qui manque au pays, ces personnes viennent prendre gratuitement des emplois qui autrement seraient occupés par les jeunes d’ici. On dit qu’il n’y a pas, ou presque pas de personnes sans emploi au Guatemala. C’est faux. Totalement faux. Toutes les personnes à qui on parle nous donnent leurs enfants en exemple, qui recherchent et ne trouvent pas d’emploi, malgré des études, souvent universitaires, complétées. On se retrouve sur la rue avec une boîte pour cirer les chaussures pendant que des étrangers s’occupent gratuitement de nos personnes âgées. C’était le cas d’une jeune suissesse que nous avons rencontré. Elle partait continuer son bénévolat au Pérou et en Bolivie. Elle se trouvait bien bonne. Beaucoup de fierté pour ses accomplissements.


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