mardi 26 janvier 2016
Nouvel essai
De
nouveau sur la jetée, tôt cette pm. Les vagues étaient grosses. Le vent de
face. Malgré que c’était fête nationale, il n’y avait qu’un pêcheur. À ce temps de la journée, les gens se tiennent
à l’ombre. Il fait trop chaud. La surface de la mer ne révélait pas de présence
de prédateurs. Que les dauphins en ravaude à quelques encablures, comme tous
les jours. On finit par les oublier.
Je
fais quelques lancers. J’ai peu d’espoir. Je lance sous le vent, très loin en
face de moi, juste dans le miroitement du soleil lorsque vlan! Une grosse
attaque, comme hier. L’eau qui s’éclabousse. Ma ligne qui se tend. Et c’est
tout. Il n’est pas ferré. Aucune autre touche de la journée. Ils me semblent
attaquer lorsque le leurre touche l’eau. Plus tard, quelques-uns se sont
manifestés juste devant moi. Sans plus.
Le
matin, nous avions fait nos achats au village : quelques œufs, légumes,
café instantané (il n’y en a pas d’autre et il coûte aussi cher que chez nous),
lait en poudre (très bon, soit dit en passant), noix de coco (peut-être une
petite vengeance?), 300 grammes de riz (on doit les énerver parce que les
autres clients l’achètent au kilo) et enfin, je voulais une paire de pince à
bout long. Comme je ne connaissais pas le terme anglais, j’ai dessiné l’outil. On
m’a orienté vers le bon magasin. 2$ tout juste. Qualité qui me semble correcte.
À utiliser pour enlever mon leurre de la gueule d’un saumon, si j’en capture
un, bien sûr! Preuve d’optimisme.
Au
retour, j’ai tenté de filmer Céline à vélo dans le trafic. Je me suis presque
cassé la gueule. Dangereux, dites-vous? Vous avez parfaitement raison.
Demain, je vous donne des photos de la jetée.
lundi 25 janvier 2016
Histoire de pêcheur
J’ai
ferré mon premier saumon aujourd’hui. C’était à marée haute, vers 14h, soleil
éblouissant. Dès mon arrivée sur la jetée, j’ai perçu qu’ils étaient là. En
abondance. Dans les miroitements du soleil sur l’eau et à travers les restes
d’écume des vagues, on voyait le menu fretin s’élancer vers le ciel pour
échapper à de gros prédateurs. Juste derrière eux, l’eau bouillonnait près de
la surface avec quelques jets d’écume inopinés et de brèves spirales.
J’ai
lancé ma ligne 2 fois. Au deuxième retour, j’ai eu une brève touche qui m’a
galvanisé. J’ai fait quelques lancers supplémentaires, puis, en m’aidant du
vent léger, j’ai projeté mon leurre très loin, dans le courant de la rivière.
C’est là que j’ai ferré mon saumon. Un immense arrachement. Il s’est projeté
dans les airs, enveloppé d’écume scintillante, puis s’est mis à résister de toutes
ses forces. Il s’éloignait, mon moulinet donnant du fil, je le ramenais, il
repartait pour revenir toujours plus près. Je me demandais comment je pourrais
le sortir de l’eau à travers les grosses pièces de béton de la jetée lorsqu’il
a plongé très profondément pour se loger sous ces pièces de béton. Ma ligne
s’est brisée en frottant sur le ciment. Dommage. Mon seul espoir, c’est qu’il
réussisse à se débarrasser de mon leurre.
Je
crois que je l’ai ramené trop rapidement. Il avait encore beaucoup d’énergie,
tellement qu’il a réussi à plonger profondément. S’il avait été suffisamment
épuisé, il serait resté en surface. Manque d’expérience. Mon premier dans de
telles conditions. Celui que j’avais pris en mer avec Dan avait été ramené avec
une grosse canne et du fil pratiquement incassable. L’animal n’avait pas eu la
chance de résister bien longtemps.
J’ai
utilisé mes autres leurres, mais ça ne donnait rien. J’ai sauté sur mon vélo
pour aller m’en racheter un comme celui que j’avais. Le vendeur n’en avait plus.
J’ai pris quelques semblables. Au retour, alors que je pédalais à fond de
train, j’entends un gros bruit dans le feuillage au-dessus de moi, suivi du
bruit sourd d’une noix de coco qui tombe sur la route à moins d’un mètre. Ouf!
Quelle débarque si elle m’avait touché! En arrivant au quai, la marée baissait
et je n’ai pas eu d’autres touches. Peut-être mes nouveaux leurres ne sont pas
efficaces; peut-être la période d’activité était-elle terminée. Des peut-être
de pêcheur, qui s’inquiète de tout et de rien. Lorsque les locaux sont arrivés
avec leur leurre, celui par excellence, celui qui ne se vend pas au village
mais à Ernaculam, ils n’ont pas eu de touche. L’eau était bien calme. J’ai
quitté la jetée. J’essaie de nouveau demain.
J’ai
eu bien du mal à m’endormir et à 4h, je faisais de l’insomnie en pensant à une
nouvelle stratégie pour sortir le prochain de l’eau, si prochain il y a. À 67
ans, je ne pensais pas être encore si fragile à de telles excitations.
dimanche 24 janvier 2016
Spiritualité
Que dire de la foi des Indiens? Une foi renversante qui ne cesse
de nous étonner. Toute la fin de semaine n'a été qu'une suite de cérémonies qui
se sont terminée par une grande procession chrétienne.
Cette procession a parcouru plusieurs kilomètres et le tout s’est
terminé par une interminable messe. Je m'imaginais petit garçon, quand les
messes de 30 minutes me faisaient souffrir. Ici, je serais mort d’ennui. La
diffusion des sermons et des prières s’est étirée jusqu’à la nuit.
Enfin, j’ai terminé ma journée en pêchant sur la plage. Un jeune
homme m’a fourni les appâts et m’a expliqué comment attraper des barbottes. J’ai
fini par en prendre une, à la nuit tombée, que je lui ai laissée avec plaisir. Il
m’expliquait qu’il venait pêcher ce poisson pour sa femme enceinte parce qu’elle
aime beaucoup manger de la barbotte. Céline, un peu en retrait, regardait la
scène. Les spectateurs s’agglutinaient et ne cessaient de me prendre en photo.
On commentait les petits coups que je donnais sur ma canne. On essayait de
parfaire ses connaissances du touriste. En tout cas, on ne semblait pas en
rire. Trop respectueux.
Je me suis bien amusé. Mon compère m’a fait promette de le
retrouver mardi pm, vers 14h. Il aime, dit-il, pratiquer son anglais. Méchante
pratique que celle de deux gars qui baragouinent l’anglais. Mais on se comprend
très bien. Il me sert quelques mots de sa langue, parfois intraduisibles, me dit-il, et ça
fonctionne.
La langue parlée au Kérala n’est pas l’hindi. C’est un dialecte
local employé par une toute petite partie de l’Inde. Il y a des centaines de
langues comme celle-là en Inde, de sorte, que même si le gouvernement central
tente de faire de l’hindi la langue officielle, les gens se parlent en anglais
lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions.
jeudi 21 janvier 2016
Problème de qualité!
Qu’en est-il de la
canne à pêche que je me suis acheté?
C’est une canne
extensible, qui fait pratiquement 12’, que le vendeur m’avait montré. Un beau
moulinet. Solide. La canne solide, aussi. Nettement mieux que mon petit machin
à 25$ chez Canadian Tire. Elle m’avait piqué au cœur et je me la suis offerte
pour ma fête.
C’est en y installant
un fil que j’ai commencé à déchanter. Lorsque je tirais dessus pour déclencher
le mécanisme anti-rupture, celui-ci ne fonctionnait pas bien. Bien plus, le
bras du moulinet, celui qui retenait l’anneau pour diriger le fil, se pliait de
manière inquiétante. Pourtant, mon fil ne fait que 10lbs. J’ai réussi à trouver un compromis, en
espérant ne pas capturer un saumon de 15lbs. J’avais aussi un autre problème :
la section terminale est trop molle. Elle n’offre pas de résistance. Le poids
de mon leurre suffit à lui donner un 45°. Je ne sais pas ce qui se passera avec
un poisson. Enfin, jusqu’ici, il n’y a pas de problème puisque le seul poisson
que j’ai pris est une barbotte d’eau salée ou d’eau douce en eau salée, je n’ai
pas tenté de solutionner le problème.
Sauf, que l’anneau
terminal a perdu ce qui sur une autre canne est en céramique et sur celle-ci un
plastique. Mon fil glisse donc sur du métal. Pas bon. Les anneaux ne sont pas
assez grands. Mon fil fait des boules. Je dois le couper à tout moment. J’en ai
de moins en moins. J’ai tenté, ce matin, de recoller l’anneau de plastique avec
de la « Super-glue ». C’est notre « Crazy ». J’ai découvert
que la partie métallique avait plié. Je ne sais trop comment. Je l’ai redressé
à coup de tire-bouchon. La poignée du tire-bouchon, devrais-je dire. Puis j’ai
appliqué de la colle qui ne voulait pas sécher. J’ai attendu longtemps. Longtemps.
Patience et re-patience. Ça semble tenir. Bref, une belle imitation de qualité.
En tout cas, ça donne des problèmes qui occupent.
Une qualité apparente.
Nous avons cassé les deux verres (coupes pour le vin) qui venaient avec la
maison. Casser des verres, pour nous, c’est presque un quotidien. Alors, nous
avons voulu les remplacer. Pas facile. Le vin, ici, la plupart des gens ne
connaissent pas. Finalement, nous avons trouvé 2 coupes à la Coop, les
dernières, sur une tablette du haut, si haut qu’il fallait une chaise pour les
atteindre, si poussiéreuse, que la jeune vendeuse a plus qu’insisté pour les
nettoyer avant de nous laisser partir. Dessus, y’avait une étiquette Luminarc. Une
verre d’une épaisseur qui devrait résister à nos habitudes.
Au fond, c’est une
heureuse façon de se donner l’illusion d’une qualité égale. À petit prix? Pas sûr.
Nos coupes nous ont coûté plus cher que chez Dollarama.
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